Canal du Rhône à Sète

Le canal du Rhône à Sète, vers le canal du Midi


Le canal du Rhône à Sète n’est plus à présenter tant il façonne le paysage fluvial entre Beaucaire et Sète, du fleuve Rhône à l’étang de Thau, en pays languedocien.

Acteur important pour l’économie régionale, (plus de 250 000 tonnes de marchandises par an y transit), témoin majeur de l’histoire et site touristique par excellence (plus de 4000 bateaux de loisirs par an), le canal est un lieu incontournable pour qui visite le sud-est de la France.

Carte du canal de Rhône à Sète

Un canal à l’histoire mouvementée


La construction du canal débute en 1773, sous l’égide des États du Languedoc qui souhaitaient améliorer les voies commerciales depuis la vallée du Rhône vers le sud-ouest du royaume de France.

La construction s’est déroulée en plusieurs étapes. La première, entre Aigues-Mortes et Saint-Gilles, s’achève en 1789. Ce tronçon est appelé canal des Étangs. La Révolution passe par là et interrompt la progression des travaux qui reprennent en 1801. Le tronçon entre Beaucaire et Aigues-Mortes voit alors le jour.

Le projet affichait initialement la fin des travaux pour 1806. Le chantier a duré 22 ans de plus, entraînant des frais six fois supérieurs à ceux estimés à l’origine. L’utilisation du canal par les premiers bateaux est cependant possible dès la date initialement prévue. En 1811, une partie du canal est ouverte au commerce. Le port d’Aigues-Mortes, jusqu’alors ensablé, va reprendre du service et devient un port fluvial d’importance.

Le canal est prolongé durant le 19e siècle avec la jonction entre les différents tronçons. Il va alors permettre de relier Sète à Beaucaire en 1828. Il relie également le canal du Midi, au sud de l’étang de Thau.

Ce n’est qu’en 1971, que le Petit Rhône est relié au canal par l’écluse de Saint-Gilles.

Parallèlement, le port de Sète se développe. Il est à partir du 19e siècle, un haut lieu économique et profite du commerce du vin, du bois, des céréales, des agrumes ou encore du fer et du soufre et va s’agrandir et prendre une importance croissante avec sa position entre canal et Méditerranée. Il est désormais relié au bassin Rhône-Saône grâce à cette voie d’eau. Le canal est aujourd’hui la propriété des Voies Navigables de France (VNF).

DFDS ferry
Canal du Rhône à Sête
Carte du canal du Rhône à Sète via French Waterways

Un outil pour le développement économique de la région

Le canal du Rhône est une opportunité pour la circulation des bateaux de commerces, mais aussi touristiques. Ceux-ci peuvent passer de la Méditerranée à la Belgique et l’Europe du nord en empruntant les différentes voies (Rhône, Saône…).

Le tonnage observé sur le canal reste important. Sur le port fluvial de Sète, il est en moyenne de 260 000 tonnes par an. Les céréales et graines sont aujourd’hui les produits les plus transportés du fleuve Rhône vers Sète. Ce port, important à l’échelle de l’Occitanie, est cependant beaucoup plus modeste que celui de Marseille pour la partie maritime.
le port de Sète regroupe en plus du port de commerce, le port touristique et le port de pêche, et occupe à ce jour plus de 170 hectares entre fluvial, maritime et ferroviaire.

L’économie locale s’est principalement développé sur le canal tant pour le commerce que pour le tourisme au fil des siècles.

  • Présentation en vidéo du Canal

Canal du Rhône à Sète et tourisme

Dans le domaine touristique, deux ports sont principalement mis en avant au fil du canal : Beaucaire et Saint-Gilles. Le premier abrite 230 anneaux, le second 92. En 2020, le projet du port de Fourques a été validé. Il ajoutera 300 anneaux pour accueillir les plaisanciers.

Ces ports se développent parallèlement à la nouvelle demande des touristes (slow-tourisme) qui partent moins loin et désirent découvrir le territoire tout en douceur au fil de l’eau. Différents points sur le canal sont situés à moins de 5 kilomètres d’une voie verte, véloroute ou piste cyclable et sont propices au cyclotourisme.

L’environnement est également mis en avant avec une politique de sensibilisation en plein essor. Les paysages sont valorisés, les ports sont invités à obtenir le label Pavillon Bleu, et la certification Port Propre.

Des offres touristiques viennent compléter les propositions locales avec des packs comprenant des déplacements en vélos ou bateau, des idées de randonnées ou encore des circuits de découvertes des vignobles environnants, par exemple.

Cependant avec le temps, le changement climatique et le manque d’entretien, le canal est amené à évoluer à ou disparaître d’ici le milieu du siècle d’après les projections et études.

  • Le canal du Rhône à Sète, un chef-d’oeuvre en péril ?

Webzine+