Course à voile par excellence autour du monde, le Vendée Globe se déroule sans escale et sans assistance tous les quatre ans depuis 1989.
Découvrez comment suivre en carte et en vidéo la course au fil des océans de la planète.

bateau à voile

Le Vendée Globe ?

Avec un départ et un arrivée aux Sables-d’Olonne dans le département de Vendée en France, cette course inspirée du BOC Challenge* et créé par Philippe Jeantot en 1989, célèbre navigateur français, propose un parcours de 45 000 kilomètres autour du monde par un chemin le long de l’Antarctique.

Le parcours du Vendée Globe correspond à un tour du monde complet, soit la circonférence de la Terre, auquel s’ajoutent les kilomètres dus aux aléas techniques du trajet, des vents et des courants. Trois caps continentaux sont franchis par le sud, le cap de Bonne-Espérance en Afrique, le cap Leeuwin en Australie et le cap Horn en Amérique du sud.

Véritables défis humains et techniques sur les océans du monde, cette course est un exploit solitaire, dont le record à ce jour est de 74 jours, 3 heures et 35 minutes, établi en 2017 par Armel Le Cléac’h.

  • Le Vendée Globe, une société d’économie mixte (SEM) ?
    Alain Leboeuf explique cette spécificité de la course dans l’émission radio Chroniques littorales, 3 minutes :
  • Parcours du Vendée Globe
Parcours du Vendée Globe
Un tour du monde à la voile

La grande odyssée maritime

Le Vendée Globe est une aventure maritime sans égal, un tour du monde en solitaire où chaque skipper se confronte à la puissance des océans et aux défis de l’isolement. Depuis les Sables-d’Olonne, ces marins partent pour un voyage de plusieurs mois, sans escale ni assistance, traversant les eaux les plus redoutables du globe. Chaque édition raconte des histoires de bravoure, de tempêtes, de silence, et de vastes étendues marines, offrant au lecteur un récit de l’humanité face à l’immensité. C’est une invitation à plonger dans les profondeurs de l’âme humaine, portée par le vent et les vagues.

Au départ de Vendée

Au matin du départ, les quais des Sables-d’Olonne fourmillent de vie. Des milliers de spectateurs se pressent, admirant la flotte des monocoques alignés, prêts à affronter l’océan. Le Vendée Globe, surnommé l’Everest des mers, promet une épopée hors du commun : un tour du monde en solitaire, sans escale ni assistance, dans les conditions les plus rudes que la mer puisse offrir. À chaque édition, les skippers savent qu’ils partent affronter bien plus que des vents et des vagues. Ils s’élancent, les yeux rivés vers l’horizon, le cœur partagé entre l’excitation et l’appréhension.

  • Les Sables d’Olonne, le port et le village Vendée Globe en carte :

L’Atlantique, premier défi stratégique

Dès les premières heures, les skippers quittent les eaux côtières de Vendée et entament la descente de l’Atlantique Nord. Cette étape initiale est stratégique : ils doivent choisir entre contourner les dépressions atlantiques ou plonger rapidement vers les alizés. Une course contre la météo s’engage, les marins ajustent leurs voiles, scrutent les prévisions, et cherchent à éviter les pièges des calmes plats ou à prendre l’avantage sur leurs rivaux dans le peloton. Mais pour certains, les premiers jours sont déjà marqués par des avaries techniques qui forcent au retour ou à l’abandon.

L’équateur et le pot au noir

En approchant de l’équateur, une nouvelle épreuve attend les navigateurs : le fameux pot au noir, une zone de convergence intertropicale capricieuse, où les vents deviennent faibles, les nuages menaçants et les orages soudains. C’est ici que les skippers mesurent l’ampleur de leur solitude. Chaque choix de cap, chaque ajustement de voile, peut déterminer l’avance ou la perte de précieuses heures. Certains progressent lentement sous un ciel plombé, d’autres parviennent à trouver un souffle de vent qui les propulse en avant. La patience devient une vertu, et la maîtrise de la navigation, un art.

Pot au noir ou pots aux noirs
Le Pot au Noir, c’est quoi ? / Sébastien Aubry

Le Cap de Bonne-Espérance et les mers du Sud

Franchir le cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud de l’Afrique, marque une transition majeure. Les skippers laissent derrière eux l’Atlantique pour s’engager dans l’océan Indien, où les mers du Sud déploient toute leur puissance. Ici, les vagues géantes, les vents hurlants et les températures glaciales façonnent un environnement redoutable. Les navigateurs doivent faire face à des tempêtes fréquentes et gérer la fatigue accumulée. Le vent siffle, les coques des bateaux bondissent et retombent lourdement, tandis que les foils des monocoques IMOCA leur permettent parfois de « voler » sur les crêtes des flots déchaînés. Mais cette performance a un coût : chaque instant de relâchement peut devenir fatal.

L’océan Indien et le cap Leeuwin

La traversée de l’océan Indien est un passage éprouvant. Les skippers, souvent isolés sur des milliers de kilomètres, naviguent dans l’immensité des mers du Sud. Ils franchissent le cap Leeuwin, à l’extrémité sud-ouest de l’Australie, et continuent leur route vers l’est. Le froid mordant, la houle persistante, l’absence de terre à l’horizon : tout concourt à éprouver leur moral. Certains se heurtent à des débris flottants, provoquant des avaries irréversibles. La solidarité en mer, si précieuse, se manifeste parfois sous forme de messages échangés via la radio, d’encouragements discrets partagés à distance ou d’assistance entre marins en cas d’avarie.

Cap Leeuwin, Australie
Le Cap Leeuwin en Australie, entre Océan Indien et Pacifique Sud

Le Pacifique et le cap Horn

Lorsque les skippers atteignent l’océan Pacifique, ils s’engagent dans la partie la plus longue et la plus isolée du parcours. Les jours se succèdent, rythmés par des manœuvres constantes et la lutte contre le sommeil. Puis, un cap surgit, redouté et vénéré à la fois : le cap Horn, pointe extrême de l’Amérique du Sud. Contourner ce promontoire légendaire, souvent balayé par des vents violents et des vagues monumentales, représente un accomplissement en soi. Pour beaucoup, c’est une renaissance, la promesse d’une remontée vers des eaux plus clémentes. Jean Le Cam, lors d’un de ses passages, y a vécu l’un des moments les plus marquants de sa carrière en sauvant Kevin Escoffier, naufragé dans une mer déchaînée.

zone d'exclusion antarctique vendée globe
La zone d’exclusion antarctique pour éviter les icebergs / Wikimédia

La remontée de l’Atlantique : le dernier défi

Après avoir passé le cap Horn, les skippers entament leur remontée de l’Atlantique Sud. Cette dernière étape est loin d’être une formalité. Les vents deviennent irréguliers, et il faut de nouveau traverser le pot au noir. La fatigue accumulée, les blessures, les avaries peuvent être décisives. Certains se heurtent aux zones de calme plat, où chaque mille gagné demande un effort titanesque. D’autres reprennent espoir avec les alizés qui les portent vers l’Atlantique Nord.

Le retour aux Sables-d’Olonne : l’accomplissement d’une vie

Les Sables-d’Olonne réapparaissent enfin à l’horizon. Le retour est triomphal, marqué par les acclamations d’une foule venue célébrer ces héros des mers. Le chenal des Sables-d’Olonne, cette même voie qu’ils ont quittée des mois plus tôt, devient le théâtre d’une procession de bateaux fatigués, mais victorieusement parvenus à boucler ce tour du monde. Pour chaque skipper, l’arrivée est un accomplissement personnel, fruit d’une volonté d’acier et d’un combat incessant contre les éléments. Le Vendée Globe n’est pas qu’une course, c’est un voyage intérieur, une confrontation avec soi-même et l’océan.

Ainsi se termine l’odyssée, jusqu’à la prochaine édition, où de nouveaux marins viendront inscrire leur nom dans la grande histoire de cette course unique, en quête de liberté, de dépassement de soi et de communion avec l’immensité des mers.

Les Sables d'Olonnes
Les Sables d’Olonne et le port

Suivre le Vendée Globe

La technologie embarquée dans les bateaux permet de suivre les skippers au fil des océans, avec une cartographie interactive pour visionner le classement quasiment en temps réel.

Les étapes géographiques

Et pour compléter en géographie, voici les grandes étapes de la course :

  • Le départ et l’arrivée aux Sables-d’Olonne
    La course débute et se termine aux Sables-d’Olonne, en Vendée, une ville côtière de la région Pays de la Loire en France. Ce point de départ symbolique voit les skippers quitter le chenal sous les applaudissements de milliers de spectateurs, avant de s’engager dans une traversée de plusieurs mois.
  • Un tour du monde par les trois grands caps
    Le Vendée Globe impose aux skippers de franchir trois caps emblématiques :
    • Le cap de Bonne-Espérance
      Situé à la pointe sud de l’Afrique, il marque l’entrée dans les mers du Sud.
    • Le cap Leeuwin
      A l’extrémité sud-ouest de l’Australie, ce cap est le deuxième grand repère du parcours.
    • Le cap Horn
      A l’extrême sud de l’Amérique du Sud, ce cap mythique est redouté pour ses conditions météorologiques extrêmes et représente souvent un passage symbolique dans la course.
  • La traversée des mers du Sud
    La plus longue partie du Vendée Globe se déroule dans les mers du Sud, notamment dans l’océan Indien et le Pacifique. Les navigateurs doivent affronter des vents puissants et des vagues gigantesques, souvent accentuées par les 50e hurlants » et les 40e rugissants, des latitudes célèbres pour leur climat hostile et imprévisible.
  • La zone de convergence intertropicale, dite pot au noir
    En remontant l’Atlantique, les skippers doivent traverser cette région située près de l’équateur. Caractérisée par des vents faibles et instables, des orages soudains et de fortes précipitations, elle constitue un obstacle difficile à gérer en termes de stratégie de course.
  • Le passage de la longitude des trois océans
    Lors de leur navigation, les skippers franchissent les longitudes correspondant à l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique, souvent dans des conditions très changeantes selon les zones traversées.
  • Des variations climatiques extrêmes
    Les participants passent de climats chauds et humides de l’équateur à des températures glaciales près des régions polaires. Cette variété géographique impose des défis constants, en particulier pour l’adaptation des voiles, la protection du skipper et la gestion de l’énergie à bord.
  • Les zones de glaces
    Pour éviter les risques de collision avec des icebergs, les organisateurs de la course définissent une limite géographique appelée zone d’exclusion antarctique que les skippers ne doivent pas franchir. Cette limite évolue selon les conditions et les observations satellitaires pour garantir la sécurité des participants.
  • Le contournement des îles
    En fonction des conditions et des stratégies, les skippers doivent parfois contourner des îles isolées ou éviter des terres émergées telles que l’île de la Désolation (Kerguelen) dans l’océan Indien, ce qui ajoute un niveau de complexité à leur route.

Cartes interactive et animée

Voici la carte pour suivre la course et le classement des bateaux entre deux années, actualisée le jour du départ.

Carte animée des parcours 2020-21

Réalisée par Erwan Rivault , voici la carte animée des tracés durant la course de 2020 :

Carte du Vendée Globe 2021

Version 2021-2022 de la carte des parcours durant la course autour du monde des bateaux et skippers, du départ à l’arrivée :

Carte du Vendée Globe 2024

Pour suivre la course et faire votre carte personnalisée, avec une actualisation des positions des bateaux et skippers toutes les 4 heures.

carte vendee globe 2024
Suivre la course du Vendée Globe 2024 en carte (capture d’écran)

Les fonctionnalités disponibles sur la carte :

  • Préférences d’affichage

En bas à droite de l’écran, en cliquant sur l’onglet rouge AFFICHAGE vous pouvez choisir différents fonds de carte selon vos recherches :

Vue par défaut, limite jour et nuit, grille, route théorique, étiquettes géographiques ou bateaux, écarts, médias, classement, visuel des données, kilomètres, points d’intérêts et flotte océanographique française.

Préférences d’affichage (capture d’écran)
  • Calques météos et statistiques

En un clic depuis le menu au dessus de la carte, accédez aux statistiques de la course (distance parcourue, vitesse) et affichez les conditions météos du Vendée Globe (vents, rafales, courants, houl, températures, nuages).

Météos et statistiques du VG2024 (capture d’écran)
  • Classement des skippers

Vous avez un ou plusieurs skippers préférés ? Mettez les en favoris pour les suivre en course sur la carte avec leur bateau.

skippers favoris
  • Accès direct à la carte du Vendée Globe 2024 :
Lien web

Plus de Vendée Globe ?

Vidéos, liens et faits marquants des éditions de la course autour du monde, le Vendée Globe.

Dates et moments clés

Voici quelques faits marquants, dates clés et tragédies qui ont marqué l’histoire du Vendée Globe :

Le naufrage de Philippe Poupon en 1989
Lors de la toute première édition du Vendée Globe, Philippe Poupon chavire au large du cap Horn. Il est secouru par Loïck Peyron qui, malgré la compétition, met sa course en pause pour aider son concurrent. Cet acte de solidarité en mer illustre l’esprit du Vendée Globe, où la sécurité des marins prime sur la compétition.

La victoire historique de Titouan Lamazou en 1990
Titouan Lamazou remporte la première édition du Vendée Globe en 109 jours, 8 heures et 48 minutes. Cette victoire établit un jalon pour les éditions futures et assoit la réputation de la course comme un défi de longue haleine.

Disparition tragique de Gerry Roufs en 1997
En 1997, le navigateur canadien Gerry Roufs disparaît dans l’océan Pacifique Sud, une zone connue pour ses conditions extrêmes. Malgré les recherches, son bateau n’est retrouvé que plusieurs mois plus tard. Cet incident met en lumière les dangers de cette compétition, et l’émotion suscitée par cette tragédie marque durablement la communauté de la course.

Michel Desjoyeaux, premier double vainqueur
Michel Desjoyeaux devient le premier skipper à remporter deux éditions du Vendée Globe, en 2001 et 2009. Son surnom de Le Professeur reflète sa maîtrise de la course, mais son retour en 2009 est particulièrement mémorable : il répare des avaries majeures dès le départ et parvient à remonter tout le peloton pour décrocher la victoire.

Le chavirage de Jean Le Cam en 2009
Lors de l’édition 2008-2009, Jean Le Cam chavire au large du cap Horn. Il reste coincé dans la coque retournée de son bateau pendant 16 heures avant d’être secouru par Vincent Riou, qui met sa propre course en péril pour venir en aide à son concurrent. Cet acte de bravoure souligne la solidarité entre les marins du Vendée Globe.

Le record de vitesse d’Armel Le Cléac’h
En 2017, Armel Le Cléac’h établit un record de 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes pour boucler le Vendée Globe, un exploit qui illustre la montée en puissance des performances et des innovations technologiques dans la course.

Le sauvetage spectaculaire de Kevin Escoffier en 2020
Lors de l’édition 2020-2021, le skipper Kevin Escoffier voit son bateau se briser en deux dans l’Atlantique Sud. Il déclenche sa balise de détresse et est secouru dans une opération mémorable par Jean Le Cam, qui met de côté sa propre course pour retrouver son confrère en pleine mer. Ce sauvetage spectaculaire rappelle les risques extrêmes de la course et la solidarité inébranlable qui unit les marins.

L’histoire de Clarisse Crémer, première femme française en 2020
Clarisse Crémer termine l’édition 2020-2021 en 87 jours, devenant la première femme française à accomplir le tour du monde en monocoque sur le Vendée Globe. Son parcours symbolise l’ouverture croissante de la course aux femmes et met en lumière le courage et la détermination nécessaires pour affronter ce défi monumental.

Alessandro Di Benedetto, le dernier arrivé en 2013
L’Italo-Français Alessandro Di Benedetto termine l’édition 2012-2013 du Vendée Globe en 104 jours, mais son arrivée en dernier est marquée par une ovation spéciale. Di Benedetto a couru sur un bateau plus ancien et a affronté de multiples avaries, mais il incarne l’esprit du Vendée Globe : aller jusqu’au bout coûte que coûte.

Le duel Armel Le Cléac’h vs. Alex Thomson en 2016-2017
Cette édition reste gravée dans les mémoires pour le duel haletant entre Armel Le Cléac’h et le Britannique Alex Thomson, qui maintiennent une pression constante jusqu’à la fin. Le Cléac’h l’emporte avec un écart de quelques heures seulement, un dénouement rare pour une course de cette ampleur.

Ces événements montrent que le Vendée Globe est bien plus qu’une compétition sportive : c’est une aventure humaine faite de bravoure, de solidarité et d’innovations, où chaque skipper écrit une page de sa propre épopée.

Virtual Regatta, version virtuelle pour tous de la course

L’expérience Vendée Globe en podcast

Pour l’édition 2020-2021, Thomas Ruyant avec ses micros embarqués dans son bateau vous propose une immersion dans le quotidien du tour du monde à la voile pendant 67 jours. Capsules radiophoniques à découvrir sur Radio France :

Lien web

Présentation en vidéo

Découvrez la vidéo réalisée pour la course de 2020-2021 :

Autre vidéo, plus pédagogique, réalisée par Jamy, célèbre présentateur de l’ancienne émission C’est pas sorcier ? sur France Télévision.

Jamy présente la Vendée Globe

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